Vendredi 6 février 2009
                   La Martinique a été touché par une succession de drames passionnels du samedi 24 janvier au lundi 26 janvier. Trois victimes de violence en trois jours! Le samedi, un homme d'une soixantaine d'années tue sa femme (Simone) à Sainte-Marie; le dimanche 25, Sandrine une femme d'une vingtaine d'années est poursuivit par son compagnon dans la maison d'une dame âgée à Trinité. Son compagnon lui ôte la vie d'un coup de fusil et retourne l'arme sur lui. Le lundi 26,  la ville de Case-Pilote a été frappé par une scène d'une rare violence. Marie-Angèle, 43 ans, reçoit plusieurs coups de couteau de son ex-compagnon. L'homme met le feu à la maison et s'enfuit. Ses deux filles sont gravement brûlées et très choquées.
Comment rester insensible face à une telle flambée de violence! La population martiniquaise a beaucoup réagit sur ces faits divers et plusieurs actions de sensibilisation, de soutien aux familles ont été mené. La population s'est réunit autour de l'association UFM (Union des Femmes de la Martinique) à Fort-de-France pour réagir contre la violence faite aux femmes, véritable problème de santé publique.
La population ne s'était pas manifestée avec autant de ferveur depuis l'affaire d'une femme brûlée en pleine rue de Fort-de-France en 2005.
Pourtant, force est de constater que la violence conjugale apparaît malheureusement comme un phénomène banalisé à nos yeux tant il est courant dans le département et en France métropolitaine. De 1998 à janvier 2009, ce sont 25 femmes qui ont été tué par leur conjoint à la Martinique. En 2006, l'Union des femmes de la Martinique a reçu 723 femmes victimes de violences, 63% des femmes qui ont demandé un soutien à l'association étaient séparées de leur conjoint ou se préparaient à le faire. La moyenne d'âge des victimes est de 25 à 45 ans (chiffres tirées d'un document de la préfecture relative à la campagne contre les violences conjugales en 2006). En France une femme meurt tous les trois jours de violences conjugales. L'OND, l'observatoire national de la délinquance dans son bulletin mensuel de juillet 2008 montre qu'il y a une augmentation des cas de violences de 30% par rapport à 2004.
Alors pourquoi toute cette violence? comment des gens qui sont censés s'aimer se retrouvent t-ils dans de telles situations?
Je ne pourrai point répondre à ces questions mais je peux au moins lancer à nouveau le débat. Je ne tente pas  non plus de parler de ce que je ne connais pas puisque j'ai vécu ces situations de violences enfant, comme beaucoup d'entre nous d'ailleurs! Ce que j'ai retenu surtout c'est que nous autres hommes restons très faibles malgré cette éducation de l'homme fort, macho et virile qui est censé nous forger. Je rejoint une spécialiste qui disait sur une radio locale que les hommes violents sont souvent des hommes qui n'ont pas réussi à se détacher de leur mère. Cette mère qui est pour nous le pilier de la famille, celle qui est toujours là, celle qui fait tout et dont on ne peut pas se passer. Certains hommes ne grandissent pas et restent d'une certaine manière avec leur partenaire, passez moi l'expression, des enfants à maman.
Le recours à la violence rentre dans un rapport de force et semble accompagner un sentiment de possession. Si bien qu'en France selon le ministère de la santé ce sont surtout les hommes exerçant un certain pouvoir dans leur travail qui en sont les auteurs; cadres, professionnels de santé, membres de la police et de l'armée.
J'ai eu l'occasion de discuter avec des personnes des deux sexes sur le sujet et je constate que certaines femmes reproches surtout aux hommes d'être trop possessifs et de les considérer ainsi comme des objets. Le discours des hommes renvoie surtout à l'infidélité des femmes. Mais a t-on le droit de frapper une personne pour son infidélité même si la jalousie nous ronge? Dans nos sociétés antillaises (je ne sais pas pour la France) il y a une forme de contrat social qui autoriserait l'homme à faire ce que bon lui semble, être infidèle notamment, mais pas la femme. Un homme libertin est bien vu, surtout par les femmes d'ailleurs! voyez comment c'est compliqué. Mais une femme libertine est forcement une salope. Cette vision paraît totalement dépassé dans la théorie, à l'heure où les femmes s'assument de mieux en mieux. Quoi qu'il en soit, il me semble que ses violences de toutes sortes, physiques, verbales, morales affligées aux femmes et qui brisent des individus , révèlent non seulement  l'existence d'un problème dans l'éducation des enfants mais aussi que les auteurs restent parfois malgré eux des victimes. Ils sont victimes parce-que la possessivité me paraît comme une forme d'esclavage. Le bulletin de l'OND ne parle pas uniquement de coups mais aussi de chantages, d'humiliations, d'insultes, de viols, qui pour moi témoigne d'une certaine aliénation.
Enfin, pour terminer je note qu'un homme meurt de violences conjugales tous les dix jours en France selon l'OND mais que très peu portent plainte. En 2006, 37 hommes ont été tué par leur conjointe mais il s'agissait surtout d'hommes qui battaient leur femme.
(Les images sont tirées d'un moteur de recherche, big thanks aux auteurs!)
Par caonabo - Publié dans : Evènements
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