De retour sur mon blog avec
comme objectif, une petite analyse du parcours d'un jeune artiste martiniquais qui semble unir plusieurs générations autour du reggae-dancehall particulièrement, et j'espère définitivement, avec
son dernier album "Inflammable".
Yoni Alpha, Paille ou l'homme Paille est facilement reconnaissable sur scène puisqu'il porte toujours un "chapo-pay" (chapeau en paille) , un symbole à mon sens de l'appartenance à la société martiniquaise. Tout à fait atypique dans le milieu dancehall, sa tenue vestimentaire est aussi représentative d'un style bien martiniquais des années 1990 (ce qu'on appelait je crois: style yéyé, lol!); un simple jean à coupe droite généralement et une chemise ou un t-shit (classique), mais surtout pas de baggie, de casquette NY et je ne sais de toutes ces choses qui n'ont rien à voir avec la Martinique. Voici un artiste, bien de chez nous, qui se démarque dans sa présentation-force est de le constater, revendicative! Paille évolue fort bien dans un courant musical qui a toujours été mal reçu par nos parents. En effet, depuis le reggae jusqu'au dancehall et même le rap, même si ce dernier est beaucoup moins représenté ici comparativement à la Guadeloupe; la musique dite "des jeunes" reste généralement associée à la drogue, à la cacophonie, à du n'importe quoi en gros.
Aujourd'hui, les jeunes parents sont les adolescents des années 1990 qui ont reçu les premières vagues de cette musique qu'on appelait RAGGAMUFFIN issue de la Jamaïque. Ceux là même doivent se rappeller que plus jeunes, il était interdit d'écouter Bob Marley dans certains foyers, alors même que les aînés des années 60 avaient déjà été touché par les chansons de Marley, Alpha Blondy et d'autres. Ainsi, les jeunes d'aujourd'hui écoutent plus facilement la dancehall, car tolérée (en partie) par les jeunes parents.
Paille semble se retrouver dans une posture particulière, puisqu'il représente finalement un dernier aboutissement d'un travail mené par de nombreux artistes dont il rend hommage régulièrement: ceux du groupe metal sound, Mc janic (d'ailleurs sur le dernier album, le morceau "rèd son" s'appuie sur un riddim ancien Ragga Local sur lequel mc Janic chantait "samdi swè", Skanky "fièr di èt nwè") et bien d'autres encore, connus et moins connus. Je souligne que les femmes ont également joué un rôle important dans la construction d'une dancehall signée d'une expression bien Antilles françaises: Queen levy Culture, Frédérica Aratus, Carole, P.Lover, Sister Marlène ect...
Au début, il fallait passer par le sound system pour faire ses preuves. Je voudrais également rappeller que l'un des pionniers du dancehall martiniquais à mon avis, est un homme qui passait dans toutes les fêtes patronales chanter son raggamuffin que personne ne connaissait: Ras Bobine!
Ainsi, il y a effectivement une réussite dans cette mission qui contribue à donner une meilleure image de ce courant musical, tout en apportant des messages forts des malaises de la société, mais aussi des messages d'espoir et d'amour. Malheureusement, un autre type de dancehall semble émerger ces dernières années, méprisant tous les efforts menés par les anciens et les nouveaux artistes comme Paille. Il s'agit d'un style hard, non structuré, dont les textes d'une pauvreté abyssale évoquent le sexe de la façon la plus obscène parfois, mettant à bas certaines pratiques restées longtemps tabous dans notre société. Ce dernier style donne ainsi raison à toutes les personnes qui voyaient la dancehall, même pas comme de la musique! mais un truc pour faire du bruit et casser les oreilles, que les voyous et les drogués écoutent. Le problème, les adolescents écoutent beaucoup ces chansons qui prônent la débauche, sur portable, mp3 et je ne sais.
Néanmoins, face à ce sabotage d'un travail de longue haleine, je vois dans le travail de Paille non seulement, un résultat mais aussi une ouverture vers une musique beaucoup plus structurée. Il aborde des sujets(racisme, alcoolisme, violence conjugale etc...) avec beaucoup de profondeur. L'homme Paille montre également qu'il peut faire autre chose que de la dancehall, par exemple du zouk "Révé" sur son dernier album "Inflammable" mais là encore pas le zouk "soley ka chofé! la pli ka tonbé!"non! un zouk avec un texte fort mettant en exergue un sentiment profond d'amertume et d'espoir malgré tout, chez certains jeunes adultes qui luttent à leur échelle, qui désespèrent, qui reprennent des forces pour un bien vivre chez soi. Il montre également son indépendance au faststyle (chant à débit rapide) qu'il utilise généralement.
Paille est aussi dans le courant musical dans lequel il se produit, un chanteur de reggae-dancehall diplômé, chose vraisemblablement nouvelle dans le milieu. En tout cas, les médias portent un regard particulier sur cette facette. Je crois d'ailleurs que sa posture au regard des médias et de certains intellectuels qui l'observent, rendra son travail de plus en plus difficile. Son discours n'est pas le discours d'un artiste mais bel et bien celui d'un militant qui, si j'ai bien compris, a l'espoir d'un début de changement vers le meilleur, à partir d'une ré-appropriation de l'espace, de la culture, du vivre bien chez soi et surtout d'un amour profond pour la Martinique.
Paille ou l'homme Paille semble assumer ses prises de positions politiques. S'il n'est pas au service, ni sous l'influence d'un quelconque parti politique, il n'est point un homme de paille...Je porterai une attention particulière à ses actions si jamais il embrasse une carrière politique, surtout lorsque je l'entends critiquer durement l'immobilisme des élus!
Pourra t-on un jour casser les jeux politiques et certaines stratégies économiques? Une paire de couilles ou une paire d'ovaires serait-elle suffisante pour relever un tel défit?
Discographie:
2007: Mots pour maux
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La commune de Grand-Rivière est située au Nord-Est de la Martinique, à 72 km de Fort-de-France. Cette petite bourgade fut parmi les dernières communes à être fondées (fin XVIIIe
siècle); à l'embouchure de la Grande Rivière. Elle s'étend sur 16,6 km2 pour une population légale de 761 habitants (année 2008-INSEE), soit une densité de 46 hab/km2. Face au canal de la
Dominique, on ne peut rejoindre la ville du Prêcheur que par voie de mer ou par un sentier surtout utilisé par les randonneurs. Les falaises abruptes d'environ 200 m dominent Grand-Rivière et
semblent presque l'isoler du "monde". De ce fait, la ville est principalement tournée vers la mer. L'économie repose sur la pêche, l'agriculture et le tourisme.

Cet article est de mon ami
Depuis la traduction en créole "Gran kannal-la" (Astérix) de GOSCINNY et UDERZO, Caraïbéditions à
renouveler l'expérience avec ses partenaires. Il m'a semblé assez opportun de faire ou refaire une petite présentation de ces éditions vu que le 6ème festival international du livre et de la
bande dessinée de Saint-Denis approche à grand pas (du 6 au 13 décembre 2009). Une façon pour moi de remettre à l'honneur les oeuvres originales avant tout et tenter de faire une sorte de
promotion (rires)de ma langue vernaculaire, le créole. A l'heure ou l'on parle de numérisation, de disparition du livre tel qu'on le connait, je prends de plus en plus goût à lire et à tenir un
"bon vieux bouquin" entre mes mains. Rassurez-vous, je ne suis pas conservateur à ce point, il m'arrive aussi de lire des livres numériques gratuits (les classiques)sur internet. Mais ceux qui le
vivent comme moi savent comment c'est bon de tenir un bouquin neuf entre les mains, de humer les pages et d'avoir envie de le dévorer (au sens figuré biensûr) très vite! Ils savent aussi avec
quel entousiasme on peut relire une oeuvre de sa bibliothèque dont les pages jaunies nous rappellent de bons moments.
Le
Sainte-marie! un homme décède dans cette twingo
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